31/05/2010

Un médecin avec de grandes oreilles!

Non non non je ne fantasme pas sur Mickey! Je me demande juste si il existe encore des médecins qui se soucient de leurs patients. Déja, depuis quelques temps, ils les nomment des clients. Rien que ça, ça me fait mousser! Non mais, on ne vient pas pour demander un service ou acquérir un bien, on vient demander conseil et avis sur notre santé.

Tout commence dans la salle d'attente. Elle porte bien son nom. Quand les sièges sont confortables, on peut encore feuilleter allègrement les magazines dont les coins sont toujours mouillés par une multitude de doigts humides.

Puis vient le moment tant attendu. Voir, parfois, tant redouté car on s'est déja imaginé plein de diagnostics catastrophiques (merci internet et autres supports d'info!). Là, on a droit soit au classement du dossier du patient précedent, soit à un médecin plein d'attention qui nous désigne du menton la chaise qui lui fait face et lâche dans un soupir "qu'est ce qui vous amène?" "Oh ben rien, j'ai vu de la lumière et comme il pleut, je m'suis dit mettons nous au sec..." Ou alors, on déblatère le sujet de la consultation. Soit il nous écoute, pose les questions pertinantes, rédige un roman, et rythme l'échange de 'mmmh ". Soit, il a l'air absent, en plein rêves, nous fixe sans nous voir et nous prescrit son traitement clef du moment, celui qui lui permettra d'aller se relaxer au soleil, comme promis par le super commercial qui vient de passer et qui a retarder toutes les consults d'une demi-heure. Résultat, ce sont les patients, heu les clients qui sont taxés sur leur temps!

Enfin, avec ou sans examen, vient le moment de la révélation. En ce qui me concerne, je suis souvent déçue. Que l'on consulte pour un pied, une gorge rouge, une grosseur au sein, des hémorroïdes,... les toubibs oublient le principal. Autour de cette zone malade, il y a une personne. Une personne qui a une histoire, des ressentis, des désirs, des interrogations, des inquiétudes, ... qui a peur tout simplement. Et là, juste à côté de cette personne, il y a une famille, des habitudes quotidiennes, un boulot, des joies, des peines. Tout d'un coup, tout se résume à l'affection. Nous ne sommes plus porteur d'une affection, nous sommes l'affection. Si on ne comprend pas, si c'est grave et qu'on ne réalise pas toute ce discours d'intello, et bien tant pis, "pas le temps, il y a du monde dans la salle d'attente!"

Mais que leur a-t-on appris pendant leurs chères études???

En fait, il faut aller consulter celui qui a connu la maladie personnellement. Que ce soit lui ou quelqu'un de proche. Il aura du ouvrir les yeux et faire face au miroir. Et non pas se contenter d'observer la scène caché par le côté sans tain!

Etre proche des gens, savoir les écouter et les comprendre. Leur dire "je comprends , je vous comprends". S'impliquer et admettre que la personne est un tout et ne vient confier une partie d'elle en détresse. Fini le temps de dissection! Fini le temps où on prenait les gens de haut avec des discours qui ne sont pas plus compréhensibles qu'une messe en latin!

 

11:38 Écrit par Annick dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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